Bâtiment donnant directement sur la rue. White cube de plain-pied. On se verra offrir un fond de coupe d'un assez bon champagne. Service gracieux. Rien à manger. Ambiance plutôt enjouée. Les conversations portent très peu sur l'exposition.
Guide Legrand des buffets de vernissages
Choisir un bon buffet de vernissage n’est pas chose facile. Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il fallait tenir compte de cinq éléments: le lieu, les discours, le service, la table, la conversation. Pour chaque vernissage, nous noterons nos impressions relatives à ces critères. Puis, l’appréciation globale sera indiquée par nos fameuses cacahuètes. Les lieux d’exposition auront donc six, quatre, deux ou zéro cacahuètes. Bien entendu, on n'accorde aucune importance aux œuvres exposées.
GALERIE MENNOUR, 6 RUE DU PONT DE LODI, 75006 PARIS
Bâtiment donnant directement sur la rue. White cube avec un escalier un peu raide. On se verra offrir un fond de coupe d'un assez bon champagne. Service gracieux. Rien à manger. Ambiance plutôt enjouée. Les conversations portent très peu sur l'exposition.
GALERIE MENNOUR, 47 RUE SAINT-ANDRÉ DES ARTS, 75006 PARIS
Le lieu d'exposition est au fond de la cour d'un élégant hôtel particulier du dix-huitième siècle. White cube avec des marches. Beaucoup de monde. On se verra offrir un fond de coupe d'un assez bon champagne. Service gracieux. Rien à manger. Ambiance calme. Le public s'intéresse à l'exposition.
GALERIE JEAN-KENTA GAUTHIER, 5 RUE DE L'ANCIENNE COMÉDIE, 75006 PARIS
On passera d'abord par un agréable et odorant couloir adorné par les fleurs du voisin fleuriste. Viendra ensuite une jolie petite cour pavée où se trouve le buffet, ses bouteilles de vins rouges, rosés et blancs et ses verres à pied. Il n'y a hélas rien à manger. Les vrais amateurs de vernissages s'arrêteront là et siroteront un bon rouge sicilien rond et aromatique. Les autres feront l'erreur de rentrer dans la galerie pas plus grande qu'une chambre de bonne, aux murs recouverts de photographies, et seront forcés d'écouter les explications savantes et très complètes de la galeriste. Le public est très réduit (quatre personnes).
GALERIE ANNE-LAURE BUFFARD, 6 RUE CHAPON, 75003 PARIS
La galerie est assez petite. Le public est formé par une quarantaine de personnes qui s'intéressent un peu trop à l'exposition. L'ambiance est donc peu festive. On se verra offrir un verre de vin blanc correct. Il y a aussi un petit bol de bonbons Haribo dont on appréciera plus particulièrement les nombreux additifs et les agents de texture.
ARTS D'AUSTRALIE-STÉPHANE JACOB, 13 RUE CHAPON, 75003 PARIS
Le public est assez peu nombreux, entre vingt et trente personnes. Le petit buffet jouxte le bureau d'accueil. Quelques bouteilles et verres à pied. Le vin rouge australien shiraz (c'est-à-dire le cépage syrah) est bon (rouge rubis profond, nez de fruits noirs et bouche moyennement corsée). Un serveur passera une fois avec un plateau de minuscules canapés. L'ambiance est calme. Quelques conversations enjouées mais la majorité du public s'intéresse à l'exposition. Nous serions tentés de mettre la note de deux cacahuètes en regard du bien faible niveau des autres galeries parisiennes, mais en toute objectivité le vernissage ne les mérite pas.
GALERIE BERNARD JORDAN, 12 RUE GUÉNÉGAUD, 75006 PARIS
Pas de buffet et seulement six personnes dans la galerie. Une simple relation de cause à effet.
CHAPELLE DE LA PERSÉVÉRANCE, 3 RUE GONTAUT DE BIRON, 64000 PAU
Une ancienne chapelle, sise dans un bel hôtel particulier du XVIIIème siècle (façade ordonnancée, hautes fenêtres et toit d'ardoises aux pentes si particulières de la région) a été transformée en lieu d'exposition (murs bleu pastel et blancs, nombreux éclairages, sofas design et vitraux de style saint-sulpicien). Le public est assez nombreux et s’intéresse fortement aux œuvres. C’est sans doute pour cela que le buffet n’attire que tardivement un peu de monde. Il est assez correct et sans surprise (vin blanc du pays, jus de fruits industriels, tartines au pâté, feuilletés ...) L’ambiance est calme, ennuyeuse et de bon ton.
GALERIE DU POIRON, RUE FRÉDÉRIC-CHOPIN, 88000 ÉPINAL
La galerie est installée dans un ancien local commercial, lumineux et sans caractère. Pas de discours. On sert dans des gobelets en carton du chardonnay en cubitainer ou de l’eau pétillante, avec des crackers industriels. L’assemblée est composée en grande partie de dames plutôt âgées (“Ce ne sont pas des bâtons de marche, ce sont des cannes !”) qui parlent de leurs santé vacillante et de leurs traitements, apparemment peu efficaces.
HOME FRIT’ HOME – MICRO MUSÉE DE LA FRITE, 242 RUE DES ALLIÉS, 1190 BRUXELLES
Le musée occupe un appartement de taille modeste, deux pièces-cuisine plus une chambre à l’étage inférieur. On peut d’ailleurs le louer et y séjourner en dehors des jours d’ouverture. C’est le responsable du site qui accueille le public, restreint lui aussi, et fait visiter les lieux à chacun. Pas de discours. La collection permanente a été reléguée au bout de la grande pièce pour faire place à l’exposition temporaire. On a droit à un galopin de bière locale – c’est payant si l’on en veut davantage – et à des frites savoureuses servies en cornet, avec mayonnaise comme il se doit. Les conversations se font en tête-à-tête. Il est question ici d’ornithologie, là de la belgitude des œuvres exposées. Un artiste fait état de son amertume à qui veut l’entendre. Il était venu avec des photos de ses peintures dans l’espoir de décrocher une exposition et s’est fait éconduire parce que ses tableaux “manquaient de frites.” La modestie de l’événement est largement compensée par la chaleur de l’accueil et de l’atmosphère.
(accès avec google maps)
(accès avec google maps)
GALERIE D’ART CONTEMPORAIN DE MOURENX, CENTRE CULTUREL LE MI[X], 2 AVENUE CHARLES MOUREU, 64150 MOURENX
Vers 1950, suite au début de l’exploitation des gisements de gaz et de pétrole à Lacq (à quelques kilomètres) la nécessité de bâtir de nouveaux logements se fait sentir. La ville nouvelle de Mourenx surgit de terre en 1957 et accueille bientôt beaucoup de monde là où il n’y avait que des marécages. Elle est la première ville nouvelle créée en France. La salle d’exposition est claire et de dimensions assez modestes. Elle est facilement accessible de la rue. Parking gratuit tout proche. Beaucoup de monde, près de soixante-dix personnes. Les discours (en partie slammés) sont à l’heure et brefs. Le buffet est placé sur une petite table basse. Il est bon (à part le jurançon sec très moyen) mais très insuffisant en quantité (tartines noix-fromage frais-miel, feuilletés). Verres. Les conversations assez enjouées portent très peu sur l’exposition.
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